Du code à la supervision : le développeur, prompteur aguerri et gardien de la qualité
SÉRIE « LE DELIVERY AGENTIQUE VU DU TERRAIN » · ÉPISODE 2 · LE DÉVELOPPEUR
Deuxième portrait de notre série sur le delivery agentique de SQLI. Après le chef de projet, place au développeur. Baptiste Fischer, neuf ans d’expérience, a été développeur sur un grand projet e-commerce — le tout premier projet agentique de SQLI — et a même assuré un temps le rôle d’expert technique. Il décrit un métier qui se déplace : on écrit moins de code à la main, on supervise davantage, on apprend à prompter avec précision, et on garde toujours l’humain dans la boucle (le fameux « human in the loop »). Car si l’IA accélère tout, c’est encore le développeur qui répond de la qualité livrée.
EN BREF — LES POINTS À RETENIR
- La valeur se déplace vers la supervision. Le développeur prompte avec précision, relit tout, et fait la passerelle entre le besoin client et la technique.
- Un écosystème qui encode l’expertise. Des « agents » et des « skills » — des assistants spécialisés greffés à l’IA — verrouillent sécurité, conformité (RGPD) et performance à chaque fonctionnalité.
- La responsabilité reste humaine. « Je ne pourrai jamais dire qu’il y a un bug parce que c’est l’IA. » Revue de code humaine systématique avant toute livraison.
- Une montée en compétence accélérée. Élargissement du périmètre (un temps au poste d’expert technique), apprentissage boosté : « cinq mois pour ce qui en aurait demandé un an et demi ».
SQLI — Comment décrirais-tu ton rôle de développeur aujourd’hui, par rapport à avant l’IA ?
Baptiste Fischer — Ce qui change le plus, c’est qu’on participe beaucoup plus aux échanges avec le client. On a davantage de temps pour analyser, pour aller plus loin dans la compréhension du métier : au lieu de recevoir un ticket brut et de l’exécuter, on creuse vraiment la demande afin de donner les bonnes instructions à l’IA. Avec notre expérience et ce qu’on a échangé avec le client, on guide l’IA vers le résultat attendu. Ça nous rapproche d’un rôle de lead : on fait la passerelle entre le besoin et la technique.
SQLI — Sur quoi se joue alors ta vraie valeur dans ce contexte ?
Baptiste Fischer — Avant, c’était surtout l’aspect technique pur : résoudre une tâche, la transformer en expérience digitale, vite et au bon coût. Aujourd’hui, la valeur se joue sur cette jonction entre la demande et la technique, la traduire correctement, et surtout sur la garantie de produire quelque chose de qualité. L’IA, c’est un moteur surpuissant ; mais elle n’exploite vraiment ses capacités que grâce à nous. Mon rôle, c’est de prompter avec précision et de garder le contrôle sur ce qu’on livre au client. Et comme l’IA absorbe une grande part du code répétitif, le temps gagné, je le réinvestis là où je suis le plus utile : l’architecture logicielle, la conformité et la qualité.
SQLI — Avec cette accélération, comment garantis-tu la qualité, la sécurité, la maintenabilité ?
Baptiste Fischer — Ça commence dès qu’on confie une tâche à l’IA : il faut lui donner les bonnes règles de code. Mais surtout, on met en place tout un écosystème - des agents et des skills - qui encode notre expérience du projet. Un exemple concret : la synchronisation des flux client sur le site. Certaines données doivent être chiffrées, pour le RGPD notamment, avec un workflow précis à respecter. On crée donc des agents qui contrôlent systématiquement la sécurité, le respect des normes de code et la performance, à chaque fonctionnalité ou correctif. Quand on génère telle classe PHP, l’agent sait déjà ce qu’il faut imposer. C’est nous qui apportons ça — seul un développeur peut dire à l’IA comment faire pour ne pas introduire de régression. Et ça nous évite de nous répéter à chaque demande, donc d’oublier des choses.
SQLI — Ces agents, vous les ajustez au fil de l’eau ?
Baptiste Fischer — En permanence. La configuration agentique du projet n’est pas un objet figé : c’est un actif vivant, qu’on affine au fil des semaines et qui devient de plus en plus pertinent à mesure que le projet avance. Concrètement, on enrichit en continu les règles, les patterns à suivre et les anti-patterns à éviter — exactement comme un développeur affine son environnement de travail. Dès qu’on repérait un point faible — souvent sur la partie interface, où l’IA perdait du temps ou suivait de mauvaises consignes — on retravaillait nos agents. Encore ce matin, on mettait les nôtres à jour. C’était le premier projet agentique de SQLI ; depuis, en quelques mois, il y en a eu beaucoup d’autres, et c’est tant mieux.
SQLI — Et la responsabilité, où se situe-t-elle désormais ?
Baptiste Fischer — Elle reste entière. Je ne pourrai jamais dire à mon chef de projet « il y a un bug parce que c’est l’IA ». Le développeur reste responsable : ce qu’on produit doit correspondre à ce qui est demandé, point. La machine exécute, mais c’est l’humain qui ne doit rien oublier et qui répond du résultat.
SQLI — Tu as aussi élargi ton périmètre, semble-t-il ?
Baptiste Fischer — Oui. J’ai pu prendre davantage de responsabilités, parfois au-delà de mon métier — du DevOps, c’est-à-dire l’automatisation des déploiements, par exemple. Et j’ai assuré pendant un mois le poste de notre expert technique, parti en congé paternité. Sans l’IA, je n’aurais pas pu endosser ce rôle aussi sereinement, car il porte beaucoup de responsabilités. Plus largement, j’ai l’impression d’avoir appris en cinq mois ce que j’aurais sans doute mis un an, un an et demi à apprendre autrement.
SQLI — À ce rythme, qu’est-ce que ça change dans le travail d’équipe ?
Baptiste Fischer — Il faut se synchroniser beaucoup plus. Avant, une fonctionnalité prenait deux jours et on n’avait pas besoin d’en reparler après le point du matin. Là, ça produit énormément, alors on fait deux points par jour et je suis avec mon chef de projet quasiment toutes les heures. La rapidité oblige à plus échanger, à ne pas rester chacun dans son coin, et à ce que tout le monde se sente concerné. C’est peut-être un des bons côtés : on se parle davantage. Le piège, ce serait de vouloir tout expédier : l’IA produit vite, avec un bon taux de réussite, et on se surprend à penser qu’une fonctionnalité devrait être bouclée en une heure. C’est faux — il reste la relecture, les tests, la vérification d’expertise. Il faut résister à cette pression.
SQLI — Comment continues-tu à monter en compétence ? Le coaching SQLI a-t-il aidé ?
Baptiste Fischer — Au démarrage, des temps étaient alloués : on nous présentait l’agentique, et c’était précieux. Ensuite, beaucoup repose sur l’envie d’apprendre — je relis énormément ce que produit l’IA et je lui demande sans cesse « pourquoi ? ». C’est un point fort de l’outil : l’IA est un formidable moyen d’apprendre, parce qu’elle donne souvent de très bonnes réponses. À condition de s’en servir pour comprendre, pas seulement pour produire. Pour les profils plus juniors, ça demande un accompagnement renforcé — c’est indispensable — mais bien cadré, ça leur permet de monter en compétence technique beaucoup plus vite.
Le mot de la fin
SQLI — Si tu devais résumer ton sentiment sur ce projet et sur ton métier ?
Baptiste Fischer — Je me sens à ma place. Honnêtement, je vois mal qui d’autre qu’un développeur aurait pu mettre en place cet écosystème d’agents et de skills, choisir les bonnes technologies et garantir la qualité. Ce qui valorise le métier, c’est le contrôle — sur la qualité, sur ce qu’on livre — et cette liaison entre le client, le chef de projet et l’outil. L’IA est un moteur surpuissant ; nous, on s’assure qu’il tourne juste et que tout soit bon. Le métier va beaucoup évoluer, et je trouve ça plus intéressant qu’effrayant.
Après le chef de projet devenu orchestrateur, voici le développeur devenu superviseur, prompteur de précision et validateur du code généré. Deux métiers, une même conviction : l’IA accélère, mais c’est l’humain qui garde la main — cette boucle « human in the loop » qui transforme la vitesse en qualité. Chez SQLI, le delivery agentique se vit ainsi au quotidien : exigeant, rapide, formateur, et solidement tenu par les équipes. Prochain épisode : un nouveau métier de la chaîne de delivery, vu de l’intérieur.
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