De chef de projet à orchestrateur de la delivery augmentée par l’IA

SÉRIE « LE DELIVERY AGENTIQUE VU DU TERRAIN »  · ÉPISODE 1 · LE CHEF DE PROJET

Chez SQLI, le delivery agentique n’est plus une promesse de slide : c’est une réalité opérationnelle, déjà éprouvée sur des projets clients. Pour le prouver, nous donnons la parole à celles et ceux qui le pratiquent au quotidien. Premier portrait d’une série : Davy Ducrocq, chef de projet, ancien développeur, embarqué sur un grand projet e-commerce mené avec la démarche Delivery Agentique. Son métier a changé de nature : de chef de projet, il devient orchestrateur de la delivery augmentée par l’IA. Tickets générés en série, tests automatisés à 80 %, journées coupées en deux pour suivre le rythme… Il raconte, sans filtre, ce que l’IA change réellement dans son rôle — et ce qu’elle ne remplace pas.

EN BREF — LES POINTS À RETENIR

  • Une accélération réelle et mesurée. Création de tickets, specs, tests, tableaux de bord : des tâches qui prenaient des jours se font désormais en heures. « Je ne crée plus un seul ticket à la main. »
  • L’humain reste aux commandes. L’IA traite 80 % des tests ; le chef de projet valide les 20 % les plus sensibles. Le pilotage, l’arbitrage et la responsabilité restent humains.
  • Le contexte fait la qualité. Alimenter l’agent avec le bon code et les bonnes règles est devenu le geste clé du delivery — exactement ce que prévoit la démarche.
  • Une méthode lucide, pas magique. Davy partage aussi les limites observées et les ajustements d’équipe : c’est cette honnêteté qui rend la démarche maîtrisée et reproductible.

Rencontre avec Davy, chef de projet… et un peu plus

Ancien développeur devenu chef de projet, Davy Ducrocq aime « mettre les mains dans le cambouis ». Sur son projet e-commerce actuel — un planning ambitieux, une mise en ligne à échéance serrée — il pilote une équipe qui a adopté l’IA dès le premier jour. L’occasion de comprendre, concrètement, comment le delivery agentique fait passer le chef de projet du statut de coordinateur à celui d’orchestrateur de la delivery augmentée par l’IA.

SQLI — Au quotidien, comment décrirais-tu ton rôle aujourd’hui, par rapport à avant ?

Davy Ducrocq — C’est devenu un peu plus technique. Le matin, je récupère le code à jour des développeurs pour que l’agent puisse s’appuyer dessus quand je l’interroge. Ensuite je m’en sers énormément : exports depuis Jira (notre outil de suivi des tâches), fichiers Excel, modèles de documents, et surtout la création de tickets — les unités de travail — je ne crée plus un seul ticket à la main. Pareil pour les spécifications : on échange avec l’IA, elle nous pose des questions, on répond, et à la fin on pousse la spécification (la « spec ») directement dans Confluence, notre espace de documentation partagé, sans la réécrire. Transformer une spec en user stories puis en tickets, c’était fait à la main avant et ça prenait un temps fou : le gain est phénoménal.

SQLI — Qu’est-ce qui a le plus profondément changé dans le delivery ?

Davy Ducrocq — Clairement la phase de test. Sur un ticket où je passais avant une journée entière, l’IA fait aujourd’hui 80 % du travail. Moi, je teste à la main les 20 % les plus spécifiques, ceux qui demandent vraiment du jugement métier. Tout ce qui est rapide et systématique, l’IA le fait très bien, et je n’ai pas besoin de repasser derrière. C’est un vrai gain.

SQLI — Il n’y a donc plus de revue humaine ?

Davy Ducrocq — Si, il y en a toujours — mais beaucoup moins qu’avant. Soyons honnêtes : sur ce projet, on est partis sans testeur dédié, avec juste l’IA et moi. Quand on fera le retour d’expérience, on verra que ce n’est sans doute pas l’idéal et qu’un testeur reste nécessaire — pas forcément pour faire du test manuel, mais pour bien driver l’IA, écrire de bons scénarios de test. C’était un premier essai : pas parfait, mais il nous a permis de tester énormément de choses et d’avancer vite.

SQLI — On dit que plus l’IA accélère, plus la coordination devient critique. Comment le vis-tu ?

Davy Ducrocq — Plutôt bien ! Concrètement, au lieu d’un seul daily le matin, on en fait deux : un en début de matinée, un en début d’après-midi. Parce qu’en une seule matinée, il se passe désormais énormément de choses. Ça permet de se coordonner et de réagir beaucoup plus vite. C’est sportif, c’est soutenu, mais j’ai une équipe qui a tout de suite adhéré à l’IA. Et comme je suis plutôt technophile, je suis à fond dedans.

SQLI — À ce rythme soutenu, comment l’équipe tient-elle dans la durée ?

Davy Ducrocq — Plutôt bien, parce que tout le monde a adhéré dès le départ. C’est justement pour préserver l’attention de chacun qu’on découpe la journée en deux : on s’impose des pauses, on ne reste pas le nez dans l’IA en continu. Et c’est l’équipe elle-même qui a calibré son rythme — on a réduit le nombre de points quotidiens quand on a senti que c’était trop. Surtout, on n’a jamais été aussi soudés ni aussi en interaction : on se parle beaucoup plus, on se cale en permanence. Et moi, comme chef de projet, je me retrouve vraiment au centre de toutes ces interactions — entre le design, le BA, l’expert technique et les développeurs.

SQLI — À quoi ressemble une journée type ?

Davy Ducrocq — Je me lève, je récupère le code à jour pour l’avoir sur mon poste. Ensuite, point d’équipe : qui fait quoi, comment s’est passée la veille. Puis je lance l’IA sur de la rédaction de specs, de user stories ou du test — et pendant qu’elle tourne, je fais mes réunions, j’échange avec le client. Là, pendant qu’on parle, j’ai un agent qui tourne et qui fait des tests sur le site. Il n’y a pas de temps mort.

SQLI — Tu rédiges aussi des specs — n’est-ce pas le rôle du business analyst ?

Davy Ducrocq — Si, et ce sera clairement à eux de le faire. Mais sur ce projet au planning très ambitieux, il fallait du renfort : le business analyst — le « BA », chargé de traduire les besoins métier en spécifications — n’aurait pas tenu les délais seul. J’ai aussi voulu tester ce que l’IA permettait — je suis parti d’une demande basique, « je ne connais rien à l’e-commerce, crée-moi une spec pour la gestion d’une carte cadeau » : l’IA a bâti une trame, m’a posé des questions, et m’a produit la spec finale. C’est révélateur. Comme l’équipe avance plus vite en développement, il faut l’alimenter en specs beaucoup plus vite. Là où un BA suffisait hier, il en faudra peut-être deux demain.

SQLI — Qu’est-ce qui distingue, selon toi, un chef de projet d’un véritable orchestrateur de l’IA ?

Davy Ducrocq — Le contexte. Le plus important, c’est de donner un bon contexte à l’IA : plus il est juste, plus elle répond justement au besoin. C’est pour ça que je récupère le code chaque matin — quand je demande une spec sur la carte cadeau, elle analyse l’existant pour proposer une intégration qui ne casse rien. Mon profil d’ancien dev aide beaucoup. Tous les chefs de projet n’iront pas chercher le code des développeurs chaque matin, mais c’est devenu hyper important. L’IA va sans doute pousser certains CP à devenir un peu plus techniques.

SQLI — Et la relation client, est-ce qu’elle change ?

Davy Ducrocq — La relation reste la même, et le client savait parfaitement qu’on utilisait l’IA — on n’a rien fait dans son dos. Ce qui change, c’est le rythme : comme on produit plus de specs plus vite, le client doit être plus réactif, notamment sur sa phase de test. Il faut un client encore plus impliqué que d’habitude. Côté tests métier, je pense d’ailleurs que la validation humaine du client reste essentielle : ce sont eux qui connaissent leurs règles de gestion.

SQLI — Comment vous êtes-vous formés ? Coaching, formation, sur le tas ?

Davy Ducrocq — Une micro-formation de deux heures pour les développeurs au démarrage, où l’essentiel sur l’usage de l’IA a été expliqué. Ensuite, beaucoup s’est fait sur le tas : apprendre à prompter, ça vient avec le temps, au fur et à mesure. C’est largement de l’autoformation, accompagnée.

Le mot de la fin

SQLI — Si tu devais résumer ce que l’IA change dans ton métier ?

Davy Ducrocq — Le rôle évolue vraiment, avec une sensation d’accélération permanente : je ne vois plus passer mes journées. À la fois ça peut faire peur, et à la fois — moi qui suis très actif — j’adore : je lance un sujet, j’en attaque un autre, ça avance, il n’y a pas de temps mort. Il faut même réapprendre à s’imposer des pauses, c’est aussi pour ça qu’on découpe la journée. L’IA, c’est un vrai accélérateur ; elle aide à mieux orchestrer et même à combler les trous — me suggérer les prérequis à demander au client avant une mise en production, par exemple. C’est vraiment un assistant.

Le delivery agentique chez SQLI n’a rien d’un concept de laboratoire. C’est un quotidien : exigeant, rapide, enthousiasmant — et maîtrisé par des équipes qui en connaissent autant les leviers que les limites. Davy est le premier d’une série de portraits. Prochain épisode : la parole à un développeur, pour voir comment, de l’autre côté du clavier, le métier se réinvente lui aussi.

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