Accessibilité numérique : ce que changent les nouveaux design systems iOS 26 et Android pour l’expérience utilisateur mobile

Depuis plus de 17 ans, Android et iOS 26 influencent nos habitudes sur mobile. Alors que l’on aurait pu croire les grands bouleversements graphiques derrière nous, 2025 marque un tournant avec deux révolutions majeures : Material 3 Expressive chez Google et Liquid Glass chez Apple.

Deux approches radicalement différentes, qui posent une question centrale pour les designers et développeurs : quels impacts sur l’accessibilité numérique et l’expérience utilisateur ?

Android : un design system pensé pour réduire les écarts générationnels

Une interface plus expressive, mais surtout plus inclusive

Google ne s’est pas contenté d’un simple lifting esthétique avec Material 3 Expressive. Derrière l’aspect « émotionnel » revendiqué, avec ses couleurs vibrantes, animations fluides et morphing subtil des composants, se cache une réflexion poussée sur l’ergonomie cognitive.

Google a conduit 46 études utilisateurs impliquant 18 000 participants, révélant que les personnes âgées de 45 ans et plus prennent davantage de temps pour repérer les éléments d’une interface. Leur objectif est de réduire ce temps de réaction, voire de renverser cette tendance.

Pour y parvenir, ils proposent ainsi une expérience pensée pour tous les âges, grâce à des transitions plus douces, des formes mieux différenciées et des animations qui guident le regard sans distraire.

Des composants repensés pour une meilleure lisibilité

 

Une bibliothèque enrichie

Material introduit 15 composants nouveaux ou mis à jour, dans une optique de clarté et d’accessibilité numérique accrues. Parmi les ajouts notables : le LoadingIndicator, le Split button ou le Toogleable buttons ou encore le Button group.

Des styles plus expressifs

Au-delà de l’ajout des composants, Material 3 Expressive introduit une refonte plus globale de l’expressivité visuelle. L’ambition consiste à rendre les interfaces plus vivantes et engageantes.

Google propose désormais un large éventail de formes et de styles, associés à un système d’animations fluides pour faciliter la transition entre différents états. On en retrouve un exemple dans la nouvelle animation de chargement, plus sophistiquée que les précédentes, reposant sur un effet de morphing conçu pour capter l’attention.

L’approche « expressive » de ce nouveau design system n’est pas qu’un atout esthétique : elle vise à réduire les difficultés pour les utilisateurs en situation de handicap cognitif ou visuel léger
La différenciation des éléments, la douceur des animations et l’adaptabilité des composants offrent une meilleure compréhension de l’interface, sans surcharge cognitive.

 

 

Demo Material 3 expressive



Sources images : https://design.google/library/expressive-material-design-google-research

 

L’émotion au cœur de l’interaction

Les animations jouent un rôle central dans cette nouvelle approche. L’un des principes clés de Material Expressive consiste à intégrer des “hero moments” au sein de l’application : un ou deux moments forts, visuellement marquants, suffisent à créer un véritable impact.

Pour les identifier, posez-vous ces deux questions :

  • Cette interaction déclenche-t-elle une réponse émotionnelle ?
  • Est-ce une interaction-clé dans le parcours utilisateur ?

Ces instants soigneusement travaillés renforcent l’identité de votre produit et contribuent à tisser un lien émotionnel plus fort avec les utilisateurs.

Et ce n’est qu’un aperçu : Material Expressive propose également de nouveaux principes pour l’usage de la couleur, de la typographie et des transitions, avec l’objectif constant d’enrichir l’expérience tout en préservant la clarté de lecture et l’accessibilité numérique. 

À contre-courant, Apple explore une voie plus audacieuse, et potentiellement plus clivante, avec son esthétique Liquid Glass. Mais cette quête de sophistication visuelle ne risque-t-elle pas de se faire au détriment de l’accessibilité ?

iOS 26 : Liquid Glass, la beauté au risque de la lisibilité ?

Comparaison de deux captures d’écran d’interface iOS côte à côte montrant une refonte graphique Liquid Glass. À gauche, un écran d’iPhone avec une grande image principale et quatre icônes d’action en bas (ciseaux, trombone, flèche circulaire, envoi). À droite, une variante avec fond bleu clair, trois icônes d’action circulaires (crayon, roue dentée, carré) et un petit menu contextuel blanc semi‑transparent en surimpression, illustrant une évolution visuelle des éléments UI iOS 26.

Une refonte graphique spectaculaire… et risquée

Avec Liquid Glass, Apple signe la deuxième refonte graphique majeure d’iOS depuis l’abandon du skeuomorphisme et le passage au flat design avec iOS 7. 

Diagramme horizontal en trois segments montrant l’évolution du design UI d’iOS : à gauche, un bloc noir marqué « Skeuomorphisme » avec la date « 2007 iPhone OS 1 » ; au centre, une flèche bleue foncé « Flat design » avec la date « 2013 iOS 7 » ; à droite, une flèche bleu clair « Liquid glass » avec la date « 2025 iOS 26 », illustrant la progression historique du style graphique d’Apple.

Cette nouvelle identité visuelle ne concerne plus seulement l’iPhone : elle unifie toutes les plateformes Apple (iOS, iPadOS, macOS, visionOS, watchOS, tvOS et CarPlay) autour d’un même design system, inspiré de l’environnement du Vision Pro.

Apple ne parle plus de simples composants : Liquid Glass est présenté comme un « matériau numérique », mimant les propriétés du verre (transparence, lumière, reflets) et la fluidité d’un liquide en mouvement. L'idée principale derrière ce nouveau paradigme est de rendre l'interface plus discrète afin de mettre en avant le contenuCette approche, fidèle à la philosophie Apple, promet une immersion renforcée… à condition de préserver lisibilité et l’accessibilité numérique.

Transparence + mouvement = surcharge sensorielle ?

Dans ce nouveau design system, les panneaux plats et opaques sont remplacés par des lentilles transparentes aux coins arrondis, qui flottent au-dessus du contenu. Ce choix marque un retour subtil à une forme de matérialité, avec un léger relief visuel qui s’oppose au flat design pur des années 2010.

Le tout s’anime en permanence : les composants deviennent adaptatifs, en réagissant dynamiquement au contexte d’affichage pour laisser plus de place au contenu ou modifier leur couleur selon l’arrière-plan.

Mais cette sophistication visuelle pose plusieurs enjeux d’accessibilité numérique :

  • D’une part, la transparence rend les éléments dépendants du contexte visuel : texte ou icônes peuvent devenir illisibles selon le contraste avec le contenu sous-jacent.
  • D’autre part, les animations continues et transitions fluides peuvent perturber les utilisateurs sensibles aux effets de mouvement ou sujets à la fatigue visuelle et à l’épilepsie photosensible.

Même si Apple a prévu des ajustements automatiques des couleurs et des options de réduction des effets via les réglages d’accessibilité du système, la combinaison verre + flou + mouvement reste exigeante sur le plan cognitif, et pourrait nuire à l’expérience de certaines personnes.

 

Comme à son habitude, Apple propose des bêtas publiques de son système, afin d'offrir aux développeurs l’opportunité d’anticiper les changements et d’adapter progressivement leurs interfaces à ce nouveau paradigme visuel.

Pour évaluer l’accessibilité numérique et vérifier l’adaptation des applications, il est nécessaire de compiler avec la version bêta de Xcode 26, puis de tester sur un appareil réel ou un simulateur sous iOS 26. Ces environnements restant encore en phase préliminaire, il faut garder à l’esprit qu’Apple déploiera plusieurs itérations améliorées d’ici à la sortie officielle prévue cet automne.

Apple laisse également des garde-fous aux développeurs. Le framework SwiftUI permet de désactiver Liquid Glass dans les applications mobiles, une option temporaire prévue pour faciliter la transition. Par ailleurs, les guidelines d’Apple incitent à limiter cet effet aux composants de navigation (barres, menus…), et à l’éviter sur les zones de contenu.

La firme introduit également Icon Composer, un nouvel outil dédié à la création d’icônes compatibles avec le style Liquid Glass. Il permet de visualiser le rendu de ces icônes dans différents contextes d’affichage, afin d’en garantir la lisibilité et la cohérence.

 

À date, la troisième bêta publique marque déjà une inflexion notable : les effets de transparence, très prononcés lors de la présentation à la WWDC et dans la première bêta, ont été significativement atténués. Ce rééquilibrage visuel laisse entrevoir une prise de conscience. Peut-être qu’Apple avait initialement poussé trop loin la sophistication esthétique, au détriment de la lisibilité et du confort d’usage.

Conclusion : accessibilité numérique ou sophistication ?

Ces refontes témoignent de deux philosophies divergentes :

  • Android mise sur l’accessibilité fonctionnelle et la performance cognitive,
  • tandis qu’Apple privilégie l’élégance sensorielle et l’unification de ses plateformes.

Un choix qui reflète aussi des réalités générationnelles : Android cible un public de plus en plus large, hétérogène et vieillissant ; Apple continue de parler à un écosystème fidèle, à l’aise avec les codes esthétiques technophiles.

À chaque développeur, désormais, d’adapter son expérience mobile en prenant en compte non seulement les guidelines techniques, mais aussi les besoins spécifiques de ses utilisateurs en matière d’accessibilité numérique.

Alexandre Tricaud & Charlie F., Développeur applications mobiles

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