mercredi 11 décembre 2019

Finyear - Laurent Cornu : Les entrepreneurs attendent
et méritent une révolution bancaire

Finyear - Laurent Cornu : Les entrepreneurs attendent et méritent une révolution bancaire

Ouvrir un compte en banque et réaliser des transactions sur son smartphone, contracter un prêt depuis son ordinateur… Tout cela n’a jamais été aussi facile, mais à une seule condition : être un particulier. Le déploiement massif des nouvelles technologies a poussé les banques vers la création de nombreux services dématérialisés et a même permis la naissance de banques uniquement accessibles en ligne. Près de 3,6 millions de chefs d’entreprise français vivent une situation complètement différente et les services dématérialisés auxquels elles ont accès restent très limités.

L’émergence des néo-banques fait évoluer les offres B2B

N26, Revolut, Kunto… Depuis 5 ans, les néo-banques révolutionnent le secteur bancaire. Ces pure players indépendants vantent rapidité, sécurité et facilité dans toutes les opérations bancaires proposées à leurs utilisateurs. Dans un contexte global de digitalisation, cette offre 100% en ligne a tout pour plaire face à des banques traditionnelles qui semblent rétives au changement. Il faut dire que le contexte économique ne leur est pas favorable. Un cycle de taux négatifs impose aux banques traditionnelles prudence et retenue face à un marché à fort risque.

Face à ce constat, les néo-banques constituent-elles une alternative crédible capable de soutenir les professionnels là où les banques traditionnelles patinent encore ? À la pointe de l’innovation pour les particuliers, elles fondent leur offre sur la gratuité de services fondamentaux (carte bancaire sans frais, utilisation gratuite de devises étrangères, plafonds de retrait plus hauts, etc.) et une sécurisation des opérations optimale. Pourtant, elles montrent vite leurs limites pour les moyennes et grosses entreprises puisqu’en tant que simples établissements de paiement, elles ne s’adressent qu’aux micro-entrepreneurs et aux formes juridiques simples.

Si ce statut préserve le rôle central des banques traditionnelles aux côtés des chefs d’entreprise, la révolution digitale profonde initiée par les néo-banques est tout de même le signe que les banques traditionnelles doivent aller plus loin dans leur transformation.

Allier conseil et services personnalisés

Elles tentent ainsi de s’adapter avec la déclinaison de certains services désormais accessibles en ligne pour les chefs d’entreprise comme la consultation de leurs comptes, les virements, l’ouverture d’un compte professionnel, etc. Ces organismes traditionnels ont également choisi de développer des banques en ligne pour coller aux nouveaux usages à l’instar de la Société Générale avec Boursorama ou BNP Paribas avec Hello Bank. Ces banques en ligne ont ainsi attiré plus de 4,4 millions de clients français en 2017 (Source ACPR) dont 44% en ont fait leur banque principale (Source Observatoire CSA des Banques en Ligne et Néo-banques). 

Pourtant, même si le catalogue de services s’est étoffé depuis quelques années, il reste limité par nature et ne permet pas de couvrir tous les enjeux de conseil et de financement que recherchent les entreprises. Encore fortement attachées au contact avec leur conseiller, les entrepreneurs misent sur le face-à-face, l’accompagnement et la richesse de services propres à une banque traditionnelle, notamment pour les opérations complexes, et beaucoup ne sont pas prêtes à s’en passer. Pour autant, elles attendent du secteur bancaire des services de gestion et de suivi simples et accessibles en ligne.

La banque physique est morte, vive la banque phygitale !

La banque B2B du futur est donc phygitale ou ne sera pas, couplée à un étoffement massif de l’offre en ligne. Là où les services actuellement proposés par les néo-banques et autres banques en ligne concernent pour la majorité des services de base, les fonctionnalités plus poussées comme le crowdlending ou l’affacturage sont déclinées en digital de manière dispersée par une foule de startups. Aucune offre agrégée n’existant, les entrepreneurs qui souhaiteraient se tourner vers le digital se voient obligés de multiplier les interlocuteurs et ainsi à perdre temps et énergie.

Si les banques souhaitent réellement répondre aux enjeux des entrepreneurs français, elles devront tôt ou tard interroger leur capacité à délivrer une offre parfaitement intégrée et à élargir leur champ d’action en ligne. Aujourd’hui, il n’existe aucune barrière technologique au regroupement de toutes les offres de services proposées sur le marché, simplement la volonté d’un acteur pour se lancer.

 

Par Laurent Cornu, Directeur Conseil SQLI

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